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Opération Aéroportée sur TU-LE.

 

 

Sur les traces de ce Bataillon de légende.

Le témoignage de gens qui étaient sur le terrain et qui ont souffert dans leur chair

et dans leur Cœur en voyant au retour le nombre manquant.

Ceux qui ont été prisonniers et ceux qui ne sont jamais revenus.

Je garde en moi la fierté de mon oncle et de ses amis qui ont fait leur devoir.

Le 6 a fait son travail en soldat de métier.

Le fait de voir un Bataillon presque au complet se faire décoré était une première en INDOCHINE

et engendra bien des commentaires défavorables au Bataillon,

Mais BIGEARD leur avait dit « vous ferez des jaloux en ville, n'en tenez pas compte, soyer au contraire fier d'appartenir au 6.»

Après TU-LE ils démonteront leurs valeurs d'unité.

 

De gauche à droite: Le 2ème Classe F. LESCA et 1er Classe C. LABBE (Disparu à TU-LE.)

TU-LE 2009

Un grand MERCI à FABIEN LAMPERT pour les photos de TU-LE prise en 2009.

 

 

 

Lieutenant LEBOUDEC
Caporal PIERS
Caporal RIVET

 

J'ai voulu laissez la parole à trois anciens du 6 pour un souvenir sur l'opération.

 

Caporal PIERS: "A cette époque j'étais au 1er commando de la 12° Cie aux ordres du Lieutenant TRAPP,

 chef de pièce au fusil mitrailleur, mon tireur habituel Raymond JOYEUX étant malade,

c'est Marius WAGNER le chargeur qui est devenu tireur, il avait les mêmes compétences "

 

Caporal RIVET :" A cette époque j'étais dans la section des armes lourdes aux ordres du Lieutenant CORBINEAU,

artificier et tireur sur mortier de 81 m/m. "

 

Le Général LEBOUDEC avec comme radio mon oncle, le Général a bien voulu me raconté l'opération.

Général LEBOUDEC " A cette époque je commandais le 1er commando de la 12ème Compagnie aux ordres du LT TRAPP."

 

 

 

 

 

TU-LE n'est qu'un poste située à 180 kms de HANOI,

occupé par le P.C et une section d'une compagnie du 1er Bataillon Thai du LT LAVRAT.

Il domine une courte cuvette de 2 kms de long, traversée par un large torrent.

Il contrôle le carrefour de plusieurs pistes:

A l'Est, vers NGHIA LO et le fleuve rouge.

Au Nord, vers THAN UYEN,

Au Sud -Ouest vers TA BU, sur la rivière Noire,

et SON LA, capitale du pays THAI.

 

 

Minuit, le 16 octobre 1952,

" Dès le rassemblement au cantonnement c'est l'effervescence, une opération aéroporté se prépare

dans le moindre détail, armement, munitions, ration, tenue.

Nous étions fébriles, la peur d'avoir oublié quelques choses, mais aucun état d'âme sur le fait de sauter, au contraire de l'exaltation."

"C'était notre première vraie mission nous étions sereins. "

" J'en étais à mon 2ème séjour donc pas d'éxcitation particuliere,

pour votre oncle cela a du être different preparer la radio plus son équipement donc la pression."

" La mission de votre oncle était simple me suivre au plus prés et être à l'écoute en permanence

il devait jugée si cela pouvait être intéressant pour moi"

 

 

BIGEARD, se rend au P.C  DUCOURNEAU pour prendre les ordres :

1) Tenir TU-LE    

2) Etablir la liaison avec le poste de GIA-HOI, à 15 kms à L'EST de TU-LE.

Seul ou après renforcement, soit en direction GIA-HOI,

 soit  sur les lignes de communications adverses entre le fleuve rouge et la région de NGHIA-LO.

 3) Dés l'arrivée à TU-LE, passer sous les ordres de Colonel LAJOIX,

 

Commandant la zone autonome Nord-Ouest, dont le P.C et à SONLA.

 

 

Au P.C , de l'autre côté de la route, en face des bâtiments de la troupe, BIGEARD se rend dans son bureau.

Les commandants de compagnies sont déjà là.

 En premier  lieu : LEROY de la 11e, TRAPP de la 12e,

 de l'autre côté du bureau se trouve :

MAGNILLAT de la 6e,

DE WILDE de la 26e, et à l'écart, ELISE et PORCHER,

Les deux sous-officiers du P.C règlent les derniers détails de l'opération.

Bref regard  de BIGEARD sur les ordres d'opérations,

Mouvement du menton vers la carte, son outil préféré :

 " Une menace pèse sur le pays thaï, des indications permettent à nos services de renseignements d'affirmer

 que deux divisions régulières  vietminh sont en mouvement en direction de NGHIA-LO. "

 " Le Bataillon est désigné pour sauter ce matin sur TU-LE, à 40 Kms  au nord-ouest  de NGHIA-LO.

TU-LE se trouve dans une cuvette au confluent des vallées qui montent de la rivière noire

 et du fleuve rouge, à mi-chemin des deux fleuves "

"La mission du Bataillon est vague.

Elle dépendra essentiellement de la tournure des événements

Pour l'instant, nous devrons chercher le contact, éclairer Le terrain et percer les intentions ennemies."

"Nous sauterons en deux rotations.

La première en cours de matinée avec la 11e LEROY, et la 6eCIP de MAGNILLAT

 Trois heures plus tard, la second vague avec la 12e TRAPP, Et la 26e CIP DEWILDE." 

 

 

 

 

 

BIGEARD sautera avec le P.C dans l'avion de tête.

 Rendez-vous au terrain de BACH MAI à 5h30."

 

Le reste de la nuit va se passer à former les sections,

Boucler les sacs et à percevoir et répartir armes et munitions, puis à attendre sous les ailes des avions.

Ceux de la 11éme compagnie du Capitaine LEROY et de la 6ème C.I.P. du Lieutenant MAGNILLAT .

 

Et le reste des compagnies vers 15 Heures.

"Nous sautons en Haute Région c'est tout ce que je savais de la mission,

les caporaux n'assistaient pas à la réunion des gradés avant le départ. Une fois sur place nous en avons appris.

un peu plus et après il n'y avait plus besoin d'explications."

"Pour ma part je n'avais aucune idée de l'endroit je ne l'ai appris que dans l'avion.

Dans l'avion nous étions une vingtaine donc le Lt CORBINEAU. "

"Pour GUY , il savait l'endroit et la mission, dans l'avion il était avec moi."

 

10 Heures : Le ciel s'éclairci.

10 Heures 15: Embarquement.

10 Heures 45: Décollage de la première vague.

 

La première vague s'est envolée vers l'Ouest, elle survole le delta puis franchit la rivière noire,

Elle commence à escalader les premiers contreforts de la HAUTE REGION de crêtes  en sommets.

 

Les dakotas ont brusquement basculé vers une dépression parsemée de pitons herbus,

Et au fond du quelle ce trouve une petite rivière tourmentée.

"Le temps était très beau, le saut parfait, mais quand j'ai vu sous moi la D.Z. j'ai été inquiet. J'avais peur de me blesser à l'atterrissage, car

car vu le temps de vol il était facile de comprendre que nous étions loin du séminaire."

"L' atterrissage! il n'y avait qu'un trou rempli d'eau et de vase et ce fut pour moi! Je me suis enfoncé jusqu'aux aisselles

et c'est les copains qui m'ont sorti de là, j'ai du me plonger dans le cours d'eau pour me nettoyer."

" TRAPP m'a vu trempé il m'a toisé en me disant cela vous amuse de vous baigner? Bref cela commençait bien."

" Le saut c'est bien passée sans problème, lors du saut j'avais sur le ventre dans un sac de campeur les fusées

de mortier si une balle touche le sac cela aurait fait un joli feux d'artifice."

"GUY a sauter derriere moi le saut c'est bien passée."

 

 

 

 

12 Heures:

Les paras touchent durement le sol, roulent se dégrafent, ils sont arrivés.

Installation en trois points d'appui dont 2 couvrant le poste en direction du Nord et Nord-Ouest.

 

17 Heures :

La deuxième vague prend contact avec le sol.

 Le Lieutenant TRAPP remonte la file de la 12e compagnie égrenée le long de l'ancienne piste d'aviation.

Il se rend au P.C de Bruno visible au loin avec ses antennes de postes de radio.

Pour l'instant Bruno fait le bilan du saut.

Aucune casse à signaler juste quelques contusions.

Bruno installe le 6e de la manière suivante :

LEROY et la 11e compagnie iront  s'installer sur les pitons jumeaux

au Sud de la piste, à l'entrée Sud-Est de la cuvette.

Sa position se trouve à un peu plus de douze cents mètres de là et culmine,

A 840 mètres de la piste de NGHIA-LO et de TU-LE.

TRAPP et la 12e compagnie occuperont la côte 876 au Nord  du poste.

Sa position surplombe la plaine, et forme une sorte de dos de chameaux au bord d'un pic.

C'est une masse de broussaille et de calcaires au milieu de la rizière.

" Une des missions données était de fournir un appui de feu sur le P.C qui sera installé en bas du poste.

Nous avons pris position sur le bord du piton où nous avons creusé autan que faire se peut des positions de combat arme tournées vers le bas."

" Ton oncle était sur ma droite mais aucun contact direct avec lui."

" Une fois arrivé au sol ont c'est regroupé, puis direction un piton situé au centre de TU-LE juste à coté du poste de TU-LE."

" Aussitôt au sol il m'a rejoint le combiné à l'oreille à l'écoute, nous avons rejoint le commandant de compagnie."

A moins de 1 km ,

DE WILDE et la 26e C.I.P.

prendront position autour du P.C, sur les pentes du poste en protection rapprochée.

Au Sud-Ouest de l'autre côte de la rizière.

BERNARD et la 6e C.I.P, prendront position sur les deux mamelons.

Le P.C. sera renforcé par les armes lourdes.

BRUNO : Creusez  un emplacement enterré mais qu'ils fassent du travail sérieux,

je préfère la sueur au sang."

" Une fois en place, nous avons réglé des tirs d'appuis sur les flancs du postes, guidé par les gens en bas qui demandaient

les réglages par radios et le SRGT MALACLET nous donnait les consignes de tir."

"Une fois établis nous avons planté des jalons de manière à pouvoir tirer dans la nuit."

"Nous passons la nuit à améliorer au maximum la positon de combat , nous avons pas dormi tout au plus sommeillé"

" Nous étions placé en hauteur qui domine la vallée, une fois installé nous avons effectué les réglages des mortiers."  

"  Votre oncle a participer avec le reste de la compagnie au corvée monter les ribards prépare les emplacement."

 17 OCTOBRE 1952,

" Au jour le temps est clair et nous recevons une fournée de barbelées et de munitions."

" Puis l'attente qui va durer une partie de la nuit et la journée du 17."

" Puis pour votre oncle l'attente avec moi et l'écoute..."

 

 

 

La journée du 17 Octobre n'apporte aucune mauvaise nouvelle aux compagnie de Bruno.

La nuit a été calme, si l'on peut considérer comme reposant le travail de termites auquel se sont livrés les hommes,

dont la plupart n'ont pas officielement dormi depuis le réveil du 16 à quatre heures du matin.

 

La Poursuite des travaux, se passe ainsi, dans l'attente des ordres

Qui ne viendront pas !

De SON-LA, le Colonel LAJOIX ne peut qu'inviter BIGEARD à la vigilance.

Quand aux patrouilles qui ont pris contact avec le poste de GIA HOI ?

Elle ne signale aucune activité ennemie particulier.

 

" En regardant vers le bas ma pièce occupait l'extrémité gauche du dipositf c'était un emplacement de choix puisque

à 20 mètres plus bas le piton formait un à pic impossible à gravir. Et ton oncle était sur ma droite mais aucun contact direct avec lui."

 

 

Nuit du 17 Octobre et 18 Octobre:

Le ciel s'illumine à l'Est de l'autre côte de la montagne,

C'est NGHIA-LO distant de 25 kms qui fait feu de toutes ses armes.

" Nous avons pas de contact, NGHIA-LO est attaqué dans la nuit, personne ne nous dit rien mais le bruit des explosions

et les lueurs que nous voyons à l'horizon nous renseignent."

" J'étais avec le Lt CORBINEAU qui nous tenait au courant de la situation."

 

 18 Octobre 1952,

 Des patrouilles à l'Est de TU LE décèlent des infiltrations sur la piste de GIA-HOI.

GIA-HOI, SON-LA, HANOI ne répondent pas.

 

 10 Heures:

GIA HOI signale déjà que les viets investissent Les hauteurs qui dominent le poste.

 17 Heures:

Message d'HANOI: GIA-HOI est tombé, garnison anéantie. 

18 Heures:

LAJOIX envoie un message à BRUNO et lui donne le commandement de tous les postes du dispositif.

 

21 Heures:

Désormais seul face à ses responsabilités,

BIGEARD reunit ses commandants de compagnie et leur résume la situation...

"Le corps de Bataille viet est à moins de 30 kms par la piste.

Il n'est pas question d'engager le combat, mais de sauver

tout ce qui peut être sauvé et de ramener le Bataillon...

Dés éléments de reconnaissance vietminh ont déjà été décelés

entre le poste de GAI HOI et nous.

Je viens de donner ordre à ce poste, ainsi qu'à celui de

LANG CHANG, de se replier su TU LE, mais par la montagne...

Nous les attendrons, à mon avis, le gros de viets ne sera pas sur nous avant

vingt-quatre heures on aura le temps de décrocher, sans doute demain soir.

 

HANOI " P.C de LINARES.”

Donne l'ordre à GIA HOI et détachement LANG-CHANG de se replier sur BRUNO.

 

 

 

19 Octobre 1952,

" Installés sur notre piton il y a un pic devant nous et personne ne peut arriver jusqu'à nous.

nous attendons, nous avons aucun contact avec les autres,

TRAPP et PRIGENT sont plus haut dans un trou rectangulaire, eux sont sûrement au courant,

mais en dehors des consignes directes nous ne savon rien de ce qui est en train de se dérouler."

Toute la journée les conditions météo interdisent l'intervention de l'aviation.

Dés l'aube,  

BRUNO envoie MAGNILLAT (Indicatif Bernard) et sa compagnie en direction de GIA HOI

 pour aider la garnison qui se replie sur le 6éme.

 

 JACKY de Bernard:

«  Démontage de l'embuscade vers  6 heures. »

"Reçu, Bernard."

 Toute la nuit, l'écho des montagnes a répercuté le roulement incessant du tonnerre,

 loin au Sud-Ouest du côte NGIALO-LO.

 

La Bataille est engagée.

Jusqu'au matin, le canon a tonné.

Les avions ont bombardé, à la lueur des Lucioles dont les reflets  mordorés

s'accrochaient aux nuages, visibles de loin.

Depuis l'aube le silence est revenu.

 6 Heures:

FERRARI fait lever ses guetteurs.

Le 3éme commando tient le col de KAO PHA sur les arrières .

Point de passage en cas de repli.

 

8 Heures :

Le commando FERRARI a fait la jonction avec La 6e C.I.P. de MAGNILLAT.

 MAGNILLAT, informe FERRARI que le poste est tombé Cette nuit,

et à reçu l'ordre de se replier sur eux, et qu'ils doivent aller à leur rencontre.

 La piste qui va de NGHIA-LO à TU-LE en passant par GIA HOI arrive ici,

à 4 kms au Sud-Est de la position.

C'est là que va s'installer le 6ème C.I.P.

Le commando en dispositif  d'embuscade au bord de la piste.

En arrière de FERRARI, le 2e commando du S/Lieutenant ROUX.

 

MIDI:

Depuis deux heures,

FERRARI et son commando ont pris position au débouché d'une petite cuvette

 qui s'élargit au sortir de la gorge menant à GIA HOI.

1 km au Sud-Ouest, la vallée est silencieuse et vide.

 

 

La 6ème C.I.P. parvient au sommet d'un col situé à 6km à l'Est de TU-LE.

Il se poste en recueil sur un petit mamelon qui lui assure des vues lointaines

 et se place de part et d'autre de la piste à 300 mètres en interception.

 

Tapis, les éclaireurs repèrent alors à la jumelle une dizaine d'hommes qui se déplacent

lentement au loin, dans une vaste plaine sèche.

S'agit-il d'amis qui se replient depuis GIA HOÏ, malgré l'ordre

d'éviter la piste principale? De civils qui fuient?

 

" Méfiant je dispose ma compagnie en un éventail.

Les sections qui se sont faufilées dans les hautes herbes, sont invincibles à vingt métres.

Une longue attente commence...

Le petite groupe progresse toujours dans la plaine, sans se presser.

Il n'est plus guère qu'à un Kilométre, il n'est pas possible d'identifier les tenues."

 

15 Heures:

Le chef de pièce mortier, Caporal FARAUD d'un geste montre le lointain

Effectivement, c'est toute une colonne qui, désormais, se profile:

Plus de doute possible, ce sont les viets, et en masse, à decouvert, sûrs d'eux

( C'est le régiment 88, unité de tête de la division d'assaut 312.)

L'ordre est donner au Le S/Lt FERRARI d'accrocher le groupe viet de tête et faire des prisonniers.

Le S/Lt et six de ses voltigeurs se coulent dans les lacets du col,

camouflés par les broussailles.

JACKY de BERNARD:

« Au-dessus de vous, en face. A peu prés à 1 km de votre position,

une dizaine de viets ont débouché de la vallée, venant de GIA HOI.

 Ils vont dans votre direction."

Le S/Lt FERRARI a disposé sa section en retrait de façon

à  surprendre l'ennemi sans  être détecté trop tôt.

En renfort, il a reçu l'équipe du canon de 57 sans recul.

 

Quelque part entre TU-LE et la RIVIERE NOIRE.

 

De minutes en minutes,

BERNARD transmet au S/Lt FERRARI les informations sur le groupe ennemi.

 “ Ils se sont arrêtés, Ils ne se méfient pas. Ils ont l'air fatigués.”

Tous les hommes de la section, guettent le bruit des pas du groupe qui a repris la piste.

 

JACKY de BERNARD:

" Ils sont à trois cents mètres.

Vous allez les voir déboucher dans trois, quatres minutes."

" BERNARD prêt."

 

JACKY de BERNARD:

"Attention... oh attendez!

Il y a du nouveau, maintenant les viets débouchent par paquets

il y a au moins trois compagnies sur la piste ceux là sont sérieux."

 

BIGEARD intervient sur la radio.

 BERNARD de BRUNO:

"Il s'agit à coup sur de l'avant-garde Qui a attaqué NGHIA-LO et GIA HOI ! repliez-vous sur TU-LE." 

 JACKY :

" Vous allez bloquer la piste pour permettre à la compagnie de redescendre des collines et de décrocher."

 " Bien reçu… "

 

Je décide d'agir sans prévenir mon P.C. Je sais que les Viêts sont constamment

à l'écoute sur les postes 300...

Inutile de révéler la présence du Bataillon para.."

Déception: Les éclaireurs adverses s'arrêtent en bas de la pente et, tranquillement

assis sur un talus herbeux, attente la colonne.

Rageur, le S/Lt FERRARI rejoint sa position initiale...

et l'attente se poursuit.

 

16 Heures 30:

La compagnie Viêt de tête est engagée dans les lacets,

200 mètres sous le col, la mitailleuse et les dix fusils-mitrailleurs

ouvrent le feu dans la même seconde.

" Le silence règne il n'y a plus un bruit et ça c'est inquitant. De notre position nous ne voyons rien,

mais cela veut dire que les viêts ne savent pas où nous sommes."

" MALACLET vient me trouver et me demande de tenir ma pièce prête

à exécuter les tirs repérés pendant le jour."

"Tout à coup en bas tout s'embrase son les tirs nourris. Il est quelle heures aucune idée ?"

"Le silence pendant l'attente aucune angoisse ou impatience L'ensemble de la compagnie était sereine

et soudain le Lt CORBINEAU nous donne l'ordre d'ouvrir le feu et que les viêts sont présent mais je n'est aucun contact direct

avec les viêts, la compagnie d'armes lourdes n'avait jamais de contact direct avec l'ennemi."

 

 

La fusillade est générale.

Toute la tension de la section s'est brisée d'un coup et se libère, en courtes rafales rageuses.

La compagnie viêt se débande, éclate dans les rizières sèches.

Le mortier de 60 et le canon de 57 aboient à leur tour.

Sur plus d'un kilomètre la colonne Viêt se débande,

Les obus explosent au milieu de cette fourmilière, des corps restent affalés un peu partout...

" Le SRGT MALACLET donne l'ordre de tirer sans dicontinué, nous ouvrons les feu,

les pourvoyeurs ont du mal a fournir."

"La pièce qui devient si chaude que les cartouches éclatent dans la chambre de tir."

" Bientôt ce sont les cartouches qui manquent, je vais voir TRAPP pour rendre compte

et lui dit que je crois pouvoir récupérer l'unité de feu que nous avons enterré, allez y et faites attention à vous."

JACKY de BERNARD:

 Bien joué il y a pas mal de casse en face.

Votre intervention perturbe manifestement les viêts."

 Elle ne les trouble pas longtemps.

Les bo-dois ont été  entraînés à réagir rapidement.

Repartent à l'assaut, mais sont stoppés une nouvelles fois, par les obus de mortiers de 60

 qui tombent drus sur le gros de l'ennemi.

 JACKY de BERNARD:

 Méfiez-vous: D'autres viêts sont arrivés dans la plaine et ils commencent à manoeuvrer par les hauts! »

 Cela était prévisible.

Dans l'impossibilité de déboucher par la piste, les viets essaient par les crêtes qui ne sont pas tenues.

Après une minute d'un feu d'enfer,

 

Le S/Lt FERRARI doit manœuvrer en souplesse pour décrocher sans casse.

C'est l'instant le plus délicat de la manœuvre,

celui qui consiste à donner l'illusion de rester sur place, tout en se repliant.

La 6ème C.I.P. en moins d'une heure rejoignent le poste de TU-LE.

Qu'ils atteignent avant la nuit.

 

" Seuls les commentaires transmis par la radio nous font savoir l'efficacité de notre travail,

nous changeons plusieurs fois de jalons, les amis à qui ne nous avions emprunté la pièce vient la récupérer

en disant " Ils arrivent". notre pièce à refroidie et nous reprenons nos tirs au profit du poste en bas."

" Je ne sais pas l'heure qu'il est peut être 17 Heures ?"

 

BIGEARD, alerté par les explosions lointaines, se fait immédiatement rendre compte

Montez prendre vos sacs sur votre piton, puis allez vous installer

pour la nuit au petit col, au sorti de la cuvette... ouvrez l'oeil, c'est notre porte de repli"

Repli opération TULE 1er Position le Sergent CHAMBLAY,

2ème position CAPORAL RIVET. 

 

Le Général de LINARES qui survole avec son beaver

écoute le compte rendu  de BIGEARD.

 “Vous êtes en première ligne. Je vous laisse le soin de décider.

Vous avez l'autorisation de décrocher, votre mission est caduque.

 Maintenant nous savons que les viets mènent des offensifs vers la rivière noire.”

BIGEARD :

“Mais GIA HOI ?

La garnison du petit poste a pris la brousse à la tombée de la nuit précédente.

 Si nous ne les attendons pas, les partisans et les tirailleurs seront perdus...”

de LINARES :

“Je sais, à vous de choisir si vous jugez bon de sauver votre Bataillon, je le comprendrai.”

BIGEARD: 

 Mon général, il ne sera pas dit que je n'aurai pas tout tenté pour récupérer les hommes de GIA HOI.

Jusqu à la tombé du jour"

de LINARES: 

“ Repliez-vous aussitôt...”

BIGEARD:

“Je verrai ce que je peux faire”.

BIGEARD n'a pas pris sa décision sans en mesurer les conséquences.

 

Par radio BRUNO,  a alerté ses commandants de compagnie:

“Tenue allégée. Sacs bouclés.

Tenez-vous prêts à décrocher sur préavis de cinq minutes.

 Dès que les gens de GIA HOI seront arrivés, nous rentrons.”

 Sur la carte, il a déjà prévu son itinéraire, le seul une piste qui serpente à mi-pente, vers le sud.

 et qui rejoint la rivière noire, 150 kms plus bas,

par les postes de MUONG CHEN et  de BAN IT ONG.

 

 

 

BRUNO convoque DE WILDE:

“Désignez un commando pour aller tenir le col de KHAO PHA, à 7 Kms d'ici .

Il me faut la liberté de passage à cet endroit, C'est notre issue de secours.”

 “Bien, BRUNO. Je désigne le S/Lt LAIZE, si nous devons décrocher en vitesse,

 il aura au moins quelques heures d'avance sur nous.”

“Compte sur moi, a-t-il promis.”

Jusqu'à la tombée de le nuit les ordres  n'ont pas changé:

se tenir prêt à  décrocher avec préavis de 5mns.

 

BIGEARD espère que la garnison de GIA HOI pourra rallier

La cuvette à temps pour permettre le repli du bataillon.

 Les viêts étant postés en bouchons sur toutes les pistes d'accès,

les rescapés du poste ont été obligés de passer par les crêtes.

Ils n'ont rejoint qu'à la faveur de l'obscurité.

 Il est donc trop tard pour effectuer la retraite du Bataillon,

sur une piste mal connue, dans un terrain sans doute déjà infecter de groupes ennemis.

 

 

          Impressionnante mise en place des divisions ennemies sur les premiers contreforts de la cuvette,

     à moins de 3kms de la position de la 26e CIP.

 La nuit est toujours bouchée par un crachin obstiné,

L'hallucinante procession  déferle, au débouché de la piste De GIA HOI,

 le long des pitons qui ferment la plaine de TU-LE.

 Les viêts progressent à la lueur de torches de bambou, à cette distance,

ces milliers de lumières forment un spectacle irréel,

une chenille lumineuse qui se tronçonne se sépare, s'éparpille.

Depuis la tombée de la nuit, les colonnes viêts commencent l'investissement de la cuvette de TU-LE.

 

21 Heures 00:

L'ordre d'effectuer le repli de la position parvient de HANOI..

23Heures 00:

Les premiers éléments du quartier de GIA-HOI en repli atteingnent le poste.

23 Heures 55:

 Silencieux, les parachutistes de la CIP se sont installés dans leurs postes de combat.

Un peu au-dessus,

BIGEARD dans la cagna veille en liaison constante avec ses compagnies.

 

FRANCIS de BRUNO:

Maintenez l'alerte”

La 11e et la 12e, sont postées en sentinelles sur les pitons qui dominent le P.C.

 20 octobre 1952,

 2 Heures du matin:

Attaque de 2 PA de TU-LE, en 3 assauts.

Soudain une fusée blanche s'élève dans le ciel et aussitôt,

Une série de détonations : Ce sont les mortiers.

Les premiers obus  tombent sur le sommet de la petite colline.

 Les bo-dois surgissent et se ruent à l'attaque,

mais le 26 CIP était prêt à subir et à résister au premier assaut, elle tient.

 

Les prèmieres vagues ennemis espéraient sans doute culbuter rapidement les défenseurs,

   Pour les viêts  TU-LE et ses 40 partisans thais devaient être une formalité,

        ils se heurtent à des paras et cette rencontre fait mal.

2 Heures 15 :

Fusée verte les viêts se replient.

Nouveau matraquage de mortier cette fois mieux ajustées. 

Les viêts ne visent pas que le sommet du piton,

mais ajustent les défenses extérieures où se trouvent les points de résistance.

Les vagues d'assaut repartent au débouché des hautes herbes

Sous le feu des armés de la 26 CIP.

 

Le combat devient confus et pratiquement au corps à corps, mais le 26 CIP tient bon.

Parvient à se dégager en repoussant les viets hors de l'enceinte des barbelés

 Où ils se font hacher  par les tirs de mortiers de la 11eet 12ecompagnie.

 

2 Heures 30:

Le silence est brusquement rompu par l'explosion des torpilles de mortier

et les clameurs des bo-dois, montant à l'assaut.

Les viêts n'avaient eu que peu de temps pour se faire une idée du dispositif

qu'ils croyaient concentré sur le haut de la colline où était bâti le poste

  

En réalité,

le Lt DE WILDE les cueillent pratiquement sur leur base de départ.

 Bien enterrés, les jeunes paras se battent bien.

 Après quelque instant de repit, c'est de nouveau l'attaque

"Tenez bon FRANCIS !  PAULO ! et HERVE vont vous épauler."

«  Bien compris BRUNO. »

 

L'idée tactique de BRUNO trouve en cet instant sa justification

Ce trait de génie que les viêts ne pouvaient prévoir.

Habitués à attaquer des postes regroupés en point d'appui fermé

Les viêts ne peuvent imaginer que TU-LE serait couvert

et appuyé de loin par des bases de feu autonomes installés sur les collines environnantes.

Au P.C de BRUNO, le combat fait rage.

Trois  fois l'ennemi se rue à l'assaut, et trois fois il est contenu voir surclassé,

 puis finalement rejeté sur ses bases de départ.

 

Pendant deux longues heures,

le combat va faire rage pour diminuer ensuite d'intensité.

 

4 Heures du matin :

L'ennemi semble décrocher. Ca se calme.

Pour BRUNO rien n'est encore joué, l'offensive viêt pour réussir à prendre TU-LE,

doit détruire les points d'appui qui protégent le poste, donc bien sur, les attaquent.

 

 HERVE, POLO de BRUNO :

" Restez en alerte. Ne vous dévoilez  qu'au dernier moment."

Sur son piton 876, TRAPP attend. 

Il sait que ça position est forte,

son piton comporte deux sommets jumeaux séparés par un petit col broussailleux

qu'il a laissé libre.

 Il a concentré ses défenses sur les deux bosses de façon à dédoubler son dispositif,

chacun pouvant appuyer l'autre à la mitrailleuse.

 

4 Heures 40:

Quelques sections d'assaut sont venues se frotter à la 11e compagnie sur le piton 840.

Leur attaque manquait de vigueur,

 sans doute juste pour se renseigner sur la solidité de la défense et l'organisation du hérisson.

5 Heures du matin:

Les viêts ont compris, et bousculent TRAPP.

 

BRUNO de HERVE:

« Je cesse d'être en  appui  du P.C: Je vais avoir besoin de toutes mes armes. »

 

Pour attaquer les pitons 876, l'ennemi a modifié son habituel scénario.

Les viêts ont grimpé en silence les pentes herbues  pour déboucher au ras des barbelés.

Sans procéder à l'habituel tir de mortiers Les viêts s'empêtrent dans les ribards.

 5 Heures 30 :

Le combat dure, les viêts escaladent la face

       Puis se rendent compte que le petit col, entre les deux sommets n'est pas tenu

ils s'y engouffrent, persuadés d'avoir trouver la faille du dispositif.

C'est une erreur qui va leur coûter cher,  car maintenant

Ils sont pris entre les feux croisés de toutes les armes qui tirent des deux pitons jumeaux.

6 Heures du matin:

les viêts décrochent enfin... vers l'Ouest, avec des pertes importants, harceleés par les mortiers.

 

HERVE de BRUNO:

"Nous tenons toujours nos positions." L'ennemi a renoncé.

Ils ont abandonné 25 cadavres.

7 Heures du matin:

BRUNO fait partir les rescaper de GIA-HOI et la petite garnison de TU-LE.

Vers le poste de  MUONG CHEN

qui se trouve à 13 Heures de marche de TU-LE, sur la route de la rivière noire

 BRUNO a confié au lt  LAVERAT une mission:

 alerter MUONG CHEN et renforcer provisoirement la garnison.

 

8 Heures du matin

BRUNO espère un miracle, Une éclaircie sur la cuvette de TU-LE.

Pour évacuer les dix blesses de la nuit.

Attendre les Morane peut faire perdre des heures précieuses,

qui feront défaut au moment du décrochage.

 Un second nuit à TU-LE  équivaut au sucide du Bataillon.

Il faut huit hommes pour brancarder à tour de rôle un blessé,

soit 80 hommes qui retarderont la colonne,

et ne seront d'aucune utilité en cas d'accrochage.

 

L'évacuation par avion est l'ultime chance pour les blessés graves.

BRUNO n'a pas le droit de leur ôter cette chance et il le sait!

BRUNO l'indique à TOURRET: 

“Limite longue, midi. Si le plafond ne se lève pas,

nous partirons en brancardant les blessés.

En décrochant  à midi,

nous disposerons de 6 petites Heures pour sortir de la cuvette

 et gagner l'abri des pentes de KAO PHA”.

Voici l'ordre de repli, le bataillon fera mouvement à partir de midi. »

 

Dans l'ordre suivant:

La 11e compagnie ira occuper le petit col,

au débouché de la cuvette de TU-LE.

Suivra la 26e cip qui dépassera la 11e et tiendra KAO PHA,

avec la 26e CIP et le P.C

et les mortiers de 81 du Bataillon.

Ceux ci s'installeront à mi-pente pour éventuellement

appuyer la progression de la 6e CIP et la 12ecompagnie.

Cela s'appelle le décrochage en “Perroquet”.

Un millier de viets aperçus vers l'Est sur la piste de GIA HOI.

 

9 Heures:

Par radio, de LINARES demande à BRUNO de décrocher,

mais BRUNO veut d'abord évacuer ses blesses, il faut 5 moranes.

 

10 Heures:

Sur les pitons 876,

la 12e compagnie détruit les armes récupérées au matin.

Après avoir enterré ses morts.

TRAPP est informé sur le dispositif pour évacués les blessent,

et sur l'ordre de repli du 6e.

" Nous recevons l'ordre de descendre de 876, les blessés ont été descendus dans un premier temps,

je ne sais par qui. Nous sommes fatigués la descente est longue est dure"

 

11 Heures:

La 6e CIP voit des silhouettes couvertes de feuillages s'infiltrer

dans une combe qu'elle domine, à proximité de la piste que le bataillon

et les garnisons repliées doivent suivre pour rejoindre le col de sortie.

L'encerclement de la cuvette se met en place.

 

12 Heures:

Deux bombardier B-26 apparaissent, Bigeard leur fait immédiatement

bombarder et mitrailler tous les ravins boisés qui convergent vers la cuvette.

T.O de LINARES: Impossible météo défavorable.

ils ne viendront pas hélas pour les blessés. 

 

13 Heures:

Après avoir enterré et rendu hommage aux morts,

le Bataillon commence sa longue retraite de 70 km de dures pistes

de montagne et de forêt, poursuivi et harcelé par toute une division d'assaut viêt.

Il faut dégringoler des pitons et s'échelonner colonne par un sur une piste étroite.

 

 

Le Bataillon progresse vers le col de KAO PHA.

 

Les blessés sont enroulés dans des parachutes supportés.

Par un long bâton et par les camarades qui se relayent.

Les viêts ont été surpris par le décrochage du 6e

au moment ou eux-mêmes se mettent en place en vu de l'assaut..

 

Mais ils ont rapidement réagi

et ont  aussitôt lancé  des unités légères à travers

la plaine herbeuse pour accrocher et retarder le repli.

LIEUTENANT DE WILDE

 Très vite,

les parachutistes de la 12e ont été accrochés

avant d'avoir atteint le premier col tenu par la 11e de LEROY

Qui s'est installée, en recueil.

 

17 Heures:

La 12e franchit le petit col que tenait la 11e .

 

TRAPP et LEROY se sont repliés,

protéges par la compagnie de MAGNILLAT

 

" Après la montée du col, la descente, la fatigue est immense.

Nous cheminons dans le brouillard le long du torrent,

je tente de faire presser ceux qui sont devant moi et pris de doute

je courre sur une centaine de mètres pour m'apercevoir que le contact est rompu avec la compagnie,

nous appelons et par chance nous sommes entendus, il faut traverser le torrent."

" Je trouve un endroit qui me paraît moins difficle et nous nous jetons à l'eau,

ce fut épique, un des vietnamiens du groupe se cramponne à mon poignet avec ses dents, j'en garderai les marques..."

" Nous reprenons pied sur l'autre berge et retrouvons le LT TRAPP."

" Qui a placé un élément en bouchon pour retarder l'ennemi qui nous talonne. Il me toise et me demande

pourquoi êtes vous mouillé, je lui répond piteusement que je viens de traverser le torrent

et il me réplique avec son sourire glacé et son humour froid."

"Vous ne pouviez pas prendre le pont."

" Penaud je n'ai pas su répondre et aujourd'hui encore j'ignore si ce pont existait."

 

Postée en bouchon au milieu d'une rizière en gradins,

avant une rivière qui ferme la cuvette et marque

 les premières pentes vers  KAO PHA.

 

Brutalement  LEROY et MAGNILLAT,

sont pris en écharpe par 2 mitrailleuses et d'importantes forces viêts

qui les poursuivent et tentent de les débordent..

 

Situation confuse.

 

POLO à BRUNO:

"Ca va mal, j'ai 30 types au tapis."

 

BERNARD à BRUNO :

« Je suis coupé de POLO, j'ai des pertes sérieuses. »

 

BRUNO à POLO et BERNARD:

 " Foncez vers le col. Détruisez ce qui est trop lourd l'essentiel

est d'arriver en haut avec un maximum d'effectifs. "

 

POLO et BERNARD poursuivent comme ils peuvent leur combat retardateur.

 

44 Parachutistes sont portés disparus à la date du 20 Octobre.

- 12ème Compagnie: 5 Paras

- 11ème Compagnie: 17 Paras

- 6ème C.I.P: 11 Paras

- C.C.B: 4 Paras

-26 ème C.I.P: 7 Paras

 

21 Octobre 1952,

 

MINUIT:

Les derniers éléments de BERNARD arrivent au col de KHAO PHA.

BRUNO essaye de faire le point. Les viets ne peuvent rien faire dans l'immédiat.

Le 6e  tient le col KHAO PHA avec la section de LAIZE depuis 36 Heures,

sans boire ni manger.

 

Ils ne peuvent déborder avant d'avoir soufflé et monté une longue manœuvre.

Côté tués , blessés et disparus, ils manquent environ 80 parachutistes.

 

BRUNO donne les ordres suivants:

«A 3 Heures du matin, Départ pour MUONG-CHEN situé à 12 Heures de marche.

En tête MAGNILLAT (Bernard),

LEROY (polo ),

suivis de TRAPP (Hervé).

 DE WILDE(Francis) tiendra le col jusqu'à 6 Heures

et permettra au 6e de prendre de l'avance.

TOURRET prendra le commandement en tête et devra partir vers 9 heures,

et à tour de rôle placer les compagnies en embuscade."

 

Les compagnies ne décrocheront que lorsque la dernière unité sera passée.

 

BRUNO reste en arrière garde avec FRANCIS,

BRUNO tient à se trouver là où la bagarre va éclater.

Les hommes sont prévenus que les blessés ne pourront être récupérés.

 

3 Heures:

Les unités de BERNARD, POLO, HERVE s'ébranlent

et commencent leur longue route,

BRUNO et FRANCIS. Restent sur le col.

 

6 Heures:

BRUNO et FRANCIS abandonnent le col et dégringole vers l'Ouest.

7 Heures :

Tout marche au vrai sens du mot.

 

8 Heures:

Les viets harcèlent la section de BRUNO et FRANCIS,

Sporadiquement avec de faibles moyens.

 

9 Heures:

Cela devient sérieux, BRUNO embusque la compagnie a 50 mètres,

Feu à volonté, les viets se font hacher.

Puis décrochent rapidement.

 

A 6 kms plus à l'Ouest HERVE

attend avec sa compagnie bien placée en embuscade.

HERVE laisse passer FRANCIS.

 

BRUNO reste avec Hervé et attend les viets.

Les viets ne tardent pas à se pointer et se font hacher de nouveau.

Décrochage rapide.

 

8 kms plus loin,

BERNARD tapi dans les fourrées attend que HERVE passe.

 

Repli TULE

BRUNO reste avec BERNARD,

de nouveau les viets de tête se font matraquer.

Il en sera ainsi pendant les 12 Heures de marche.

 

13 Heures :

La tête du Bataillon arrive à MUONG-CHEN.

 

15 Heures:

BRUNO arrive avec les derniers éléments du 6e,

 BRUNO félicite TOURRET pour avoir mené des embuscades admirables.

Les hommes sont fourbus,

Trois quarts des postes radio sont perdus.

Pertes : une quinzaine d'hommes.

 

16 Heures:

MUONG-CHEN:

position du poste intenable:

Véritable souricière en cas d'attaque en  force.

les viets auraient dominé de partout.

 

L'adjudant PEYROL, chef de poste dispose d'une quarantaine

De partisans qu'il met à la disposition du 6e.

 Réserves, vivres, munitions et repas chaud Pour les 550 paras du 6e.

L'aviation signale une intense activité viet sur les hauteurs qui dominent le bataillon.

Ils attendent la nuit pour attaquer.

Le Général LINARES survole le bataillon et envoie un message:

“Qu'allez-vous faire BRUNO» ?

“J'en sais rien mon général mais je m'en sortirai.”

 

Effectifs viets : Division 312 avec 10.000 hommes.

 

17 Heures:

Réunion des gradés avec L'adjudant PEYROL.

 

Les ordres sont les suivants:

Repli le long du cours de la NAM CHANG, départ à 19heures.

 

Dans l'ordre suivant:

BERNARD, FRANCIS, POLO, et HERVE.

En vue d'atteindre le poste de ITONG à 14 heures de marche.

BERNARD placera une section vietnamienne en tête

en cas de rencontre avec les viets,

 ils diront qu'ils vont tenir la sortir Ouest de la cuvette.

BERNARD et FRANCIS ont dans leurs effectifs 25% vietnamiens.

BRUNO demande à l'adjudant PEYROL de rester dans son Poste

le plus longtemps possible  après le départ du Bataillon.

Puis après, sauter en brousse et essayer de rejoindre la RIVIERE NOIRE.

L'adjudant  PEYROL ne voit aucune objection.

En fin d'après midi,

il a envoyé en avant une poignée de partisans chargés de tailler dans la brousse

une piste nouvelle qui lui permettra de franchir les lignes.

 

18 Heures :

L'adjudant PEYROL signale à BRUNO qu'il est prêt.

 Les viets tiennent sans doute déjà la sortie de la vallée

 BRUNO demande la plus grande prudence, le plus grand silence.

Ne pas se faire raepérer, éviter l'accrochage…

Il faut forcer l'encerclement en souplesse, c'est leur seule chance.

  19 Heures:

Le Bataillon démarre, BRUNO appelle ses officiers,

“ Si tout va bien, ne répondez pas.”

 

BERNARD à BRUNO:

"Nous traversons des paquets de viets. Ils nous prennent pour une de leurs unités.”

Incroyable, les 550 paras passent au milieu des viets en train d'encercler le poste.

 

MUONG CHEN s'éloigne.

En queue, le sergent FLAMEN s'impatiente.

La 12e compagnie est encore sur place 

alors quelle entend les ordres de misent en place

lancées par les estafettes des compagnies d'assaut.

Les viets sont tout près, trop près.

BRUNO demande d'activer l'allure.

 

21 Heures:

De violentes déflagrations ont retenti j'usque dans la vallée.

Les viets donnent l'assaut du poste de MUONG CHEN.

 

22 Heures:

MUONG CHEN tiens toujours.

 

23 Heures:

Le 6e avance toujours et à MUONG CHEN  la fusillade ne cesse pas.

 

MINUIT:

Au  poste de MUONG CHEN l'adj. PEYROL a tenu parole,

après 3 Heures de combat,

 il réussit à s'ouvrir un chemin à la grenade et se perd dans la brousse.

 

22 Octobre 1952,

 

7 Heures du matin: RAS

8 Heures du matin: RAS

 

9 Heures :

12 Heures que les hommes du bataillon progressent tels des automates.

Un b26 survole le 6e et signale que MUONG CHEN est détruit.

La garnison s'est repliée en brousse.

10 Heures :

Le 6e passe le dernier col de BAN IT ONG.

Il faut souffler.

 

Quelques  kms avant d'arriver au poste,

le 6e a pris contact  avec le 56e Bataillon  vietnamien envoyé par LINARES.

Leur chef de Bataillon et son état-major ont l'air décontractés.

BRUNO leur demande de prendre l'affaire au sérieux.

Car ils les auront sur le dos avant la nuit.

Le Bataillon est couvert par un autre bataillon frais.

A priori, Le 6eest sauvé.

Mais il reste à atteindre TA-BU à 5heures de marche.

 

Bilan de l'effectif du 6e:

Quinze des blessés ont marché au moins avec une balle dans le bras

ou dans la jambe, certain ont un plâtre.

 

20 Heures:

Le Bataillon vietnamien qui couvre le 6e est bousculé

et ne peut s'accrocher au terrain.

Ils ont d'énormes pertes, ce beau Bataillon disparaît à jamais. 

 

21 Heures:

Il faut que le 6e redémarre en silence en direction de TA BU.

 

23 Octobre 1952,

2 Heures du matin:

Après 6 heures de marche le Bataillon atteint  TA BU.

Les parachutistes se regroupent  au pied du poste,

Le Bataillon est sauvé.

 

" Nous avons fini par arrivé à la rivière que nous avons traversé en pirogue, alors que nous étions

sauvé TRAPP nous a fait marcher pendant quelques minutes et arrivés dans une clairière il nous à dit "Repos ici"

Tout le monde c'est écroulé. Pour combien de temps, je m'en souviens plus."

 

Les pirogues attendent.

BRUNO franchit le dernier la rivière noire à TA BU vers 5h00.

Des forces importantes tiennent l'Ouest de la rivière.

 Dans un état second, la boutique s'affale pour dormir..

 

8 Heures:

La première nuit de repos après neuf jours d'angoisse et de lutte...

BRUNO se présente au P.C qui est au terrain de NA SAN

où de LINARES et DUCOURNEAU  le reçoivent.

A HANOI, ils avaient considéré le Bataillon foutu.

  " La toute dernière partie du voyage qui nous conduit

au camp retranché de NA-SAN ce fait en 4x4 celui dans lequel je suis rate un virage et

chute dans la rizière en contrebas où il s'enfonce jusqu'au pare-brise,

nous remontons sur la route encore une fois indemnes et prenons place dans un autre véhicule qui nous conduit

à NA SAN d'où nous rentrons au séminaire."

 

Regroupement à NA SAN et l'aérotransport à HANOÏ

et le séminaire où le Bataillon soigne ses plaies,

Il faut remettre la boutique en ordre.

L'odyssée du Bataillon s'achevé: 91 morts où disparus.

L'histoire de la "Grande marche" de TU-LE

ne serait pas complète si l'on ne citait pas le poème que composa, à cette occasion.

Le COMBES, histoire, malgré tout, de "Ne pas se prendre trop au sérieux".

 

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal

Ils partirent gonflés sautés en pay Thaï :

Comme autant de pur-sang, hors de pays natal

Ils détalèrent vite, vite du pays Thaï.

 

Tel le preux chevalier du faible défenseur

Ils pouvaient à Tu-Lê demeurer, en vainqueurs !

Mais tel l'Anglais boutéhors de l'Erin rebelle,

ils durent décrocher, les Viets à leurs semelles.

 

De Tu-Lê à Muong-Chen, de Ta Bu à Son La,

Passant torrents, rivières et ommets granitiques,

Le sourire vainqueur, les miches à glagla,

Ils firent une victoire d'un repli stratégiques.

 

Harrasés et fourbus, meurtris et affamés,

Dans un suprême effort, un sursaut sporadique

ils capturèrent encore quatre poulets étignes

Qui menaçaient leur flanc et allaient attaquer.

 

L'agrafe " Pujazon " avec la Croix des Braves

Fut remise à chacun de ces hardis guerriers

Qui infligèrent au Viet une défaite grave

En lui jetant au front la boue de leurs souliers.

 

La station radio ( Hirondelle et Bambou )

La presse en des termes flatteurs et élogieux

Chantaient à l'unisson les louanges des preux

Qui, Tu-Lê, Muon Chen et Son La et Ta Bu .

 

Merci infiniment à vous Caporal PIERS, Caporal RIVET et Général LEBOUDEC pour votre aide.

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